Rapport de la commission – Manitoba

Résultats des délibérations à la suite des consultations publiques

Changements à la proposition initiale

Évidemment, la proposition initiale n’était pas finale. Après un examen approfondi de toutes les présentations et de l’effet cumulé de toutes les suggestions, nous avons apporté d’importantes modifications à notre proposition. Tout changement apporté aux limites d’une circonscription a bien sûr des répercussions sur la population et les communautés d’intérêts représentées dans au moins une autre circonscription, et souvent deux ou trois.

Certaines des suggestions faites dans les observations écrites ou les audiences publiques auraient supposé des changements draconiens aux limites de nombreuses circonscriptions. De telles suggestions allaient à l’encontre d’une considération secondaire de la commission, soit la volonté de maintenir autant que raisonnablement possible une certaine continuité entre les anciennes et les nouvelles limites pour que les citoyens puissent continuer de s’identifier à leur circonscription et à leur représentant élu. Pour cette raison, nous n’avons pas donné suite à ces suggestions.

Dans notre proposition initiale, nous avions pu conserver l’intégrité territoriale de toutes les entités sauf une : la municipalité rurale de Grahamdale. On comprendra que les représentants de cette municipalité rurale étaient mécontents, et ils ont présenté de solides arguments contre le partage de la municipalité entre deux circonscriptions. Ils nous ont convaincus de maintenir l’ensemble de la municipalité au sein de la circonscription de Selkirk—Interlake.

En outre, on a exhorté la commission à reconsidérer sa décision voulant que la ville de Morris demeure dans la circonscription de Provencher mais que la municipalité rurale de Morris soit transférée dans la circonscription de Portage—Lisgar. Les représentants des deux entités municipales nous ont demandé de laisser ces dernières ensemble dans la même circonscription. Ils nous ont convaincus. Les deux feront désormais partie de la circonscription de Portage—Lisgar.

La municipalité rurale de St. François Xavier a demandé de rester avec sa compagne de longue date, la municipalité de Cartier, dans la circonscription de Portage—Lisgar. On nous a convaincus et la demande a été acceptée. Afin de compenser l’augmentation de la population dans la circonscription de Portage—Lisgar découlant de l’ajout de la ville de Morris et de la municipalité rurale de St. François Xavier, la commission a décidé de transférer la municipalité rurale de Victoria dans la circonscription de Brandon—Souris.

Un certain nombre de présentateurs se sont dits préoccupés par le fait que sur la carte proposée trois petits quartiers de Winnipeg étaient séparés de leur grande communauté d’intérêts voisine – à savoir Kildonan Estates de Elmwood—Transcona; la communauté Maybank de Winnipeg-Centre-Sud; Watersides Estate d’Elmwood—Transcona. Nous avons apporté les modifications voulues pour répondre à leurs préoccupations.

Nous avons reçu de nombreuses observations écrites et orales au sujet d’un deuxième problème touchant la ville de Winnipeg : la limite proposée entre les circonscriptions de Winnipeg-Nord et Kildonan—St. Paul. Notre proposition initiale séparait en deux l’ancienne municipalité d’Old Kildonan ainsi que la communauté The Maples. On nous a convaincus de rétablir l’ancienne délimitation, sauf pour ce qui est de la partie la plus à l’ouest. Nous avons transféré le reste d’Amber Trails à la circonscription de Winnipeg-Nord. La nouvelle limite fera en sorte qu’Old Kildonan demeurera entièrement dans la circonscription de Kildonan—St. Paul. De plus, The Maples et Amber Trails seront entièrement réunies dans la circonscription de Winnipeg-Nord.

Une troisième préoccupation découlait de la population relativement faible et de la croissance plus lente dans le secteur du centre-ville de Winnipeg-Centre. Nous avons reçu de nombreuses observations, dont certaines comprenant des changements recommandés détaillés. Parmi les suggestions faites, notons le transfert d’une partie d’Elmwood—Transcona et/ou l’ajout d’une partie du quartier de Point Douglas à Winnipeg-Centre. Pour diverses raisons, la commission a choisi de ne pas donner suite à ces suggestions. La population de Winnipeg-Centre a de bonnes chances d’augmenter, surtout que de plus en plus de gens décident d’habiter au centre-ville, en condominium ou en appartement. De plus, il s’agit d’une des circonscriptions canadiennes où les revenus sont les plus faibles; de nombreux Autochtones et nouveaux Canadiens y habitent. Il est donc difficile pour le député élu d’assurer une représentation effective. Dans dix ans, la prochaine commission devra probablement reconsidérer la situation à la lumière des tendances de la population, mais pour le moment nous croyons que Winnipeg-Centre devrait conserver ses limites actuelles.

Les commentaires concernant notre proposition au sujet de Winnipeg-Centre-Sud étaient partagés. Certains ont reconnu que la circonscription croissait plus lentement que d’autres circonscriptions de Winnipeg et que sa population devait être bonifiée. Nous avons déjà noté que notre proposition d’ajouter le quartier de Maybank à Winnipeg-Sud n’avait pas été bien accueillie, parce que Maybank fait partie de la grande communauté de Fort Garry. Nous avons donc abandonné cette proposition. Concernant notre proposition d’inclure le quartier de Lindenwoods dans Winnipeg-Centre-Sud, l’opinion était presque autant favorable que défavorable. Tout bien considéré, nous avons estimé qu’il s’agissait de la façon la plus raisonnable d’augmenter la population de la circonscription. Sur le plan des caractéristiques sociales, il y a d’importantes similitudes entre Lindenwoods et les autres quartiers de la circonscription, comme River Heights et Tuxedo. C’est pourquoi la commission a décidé de maintenir sa proposition initiale, soit le transfert de Lindenwoods à Winnipeg-Centre-Sud.

Limite entre les circonscriptions de Churchill et de Selkirk—Interlake

Nous avons reçu de nombreuses observations appuyant notre décision d’agrandir la circonscription actuelle de Churchill en y ajoutant les communautés autochtones d’Interlake situées le plus au nord, près de la rivière Fisher (Peguis et Fisher River) et du lac St. Martin (Fairford, Little Saskatchewan, Pinaymootang, Lake St. Martin), ainsi que les communautés des Premières Nations de la rivière Dauphin et de Jackhead. La commission note également qu’en déplaçant la limite de la circonscription de Churchill vers le sud, nous avons réuni la Première Nation de Chemawawin à Denbeigh Point avec sa communauté homologue au nord, à Easterville.

Une seule personne (représentant la députée de Churchill) a émis des réserves concernant le changement proposé aux limites. Elle a parlé principalement de la difficulté de représenter un territoire déjà vaste et les nombreuses communautés éloignées se trouvant dans cette circonscription. Elle a indiqué que notre proposition d’élargir la circonscription ne ferait qu’accroître ces défis. Elle a ajouté qu’il était très difficile de joindre les petites communautés éloignées par la voie terrestre et aérienne, surtout à certaines périodes de l’année. Maintenir un contact direct entre la députée et certaines communautés s’avère donc onéreux et requiert beaucoup d’efforts. Elle a fait remarquer que le prolongement proposé vers le sud porterait à 68 le nombre total de communautés à être représentées par la députée.

Pour établir la limite proposée entre Churchill et Selkirk—Interlake, les membres de la commission ont longuement discuté du juste équilibre entre le principe d’égalité de la population et les diverses questions touchant la taille géographique et la reconnaissance des communautés d’intérêts. Il est vrai qu’aucune autre circonscription du Manitoba n’a la taille de Churchill. Cependant, d’autres grandes circonscriptions rurales comprennent des centaines de communautés, y compris l’actuelle circonscription adjacente, Dauphin—Swan River—Marquette.

À la lumière des défis concrets à relever pour assurer une représentation effective, la commission a envisagé le déplacement de toute la limite sud de la circonscription de Churchill au 53e parallèle. Cependant, ce changement exigerait d’importants changements à d’autres circonscriptions. Tout bien considéré, la commission a conclu que les préoccupations concernant la taille et la diversité de la circonscription de Churchill ne justifiaient pas un écart par rapport au principal critère, soit l’égalité de la population à ±5 % de la moyenne provinciale, et ce, pour quatre raisons principales :

  • Premièrement, concernant la taille de la circonscription, la commission note qu’avant la hausse démographique découlant des projets miniers et hydroélectriques des années 1960, la circonscription de Churchill était aussi grande que ce que l’on propose, voire plus grande. On ne saurait dire que notre proposition fait fi de l’évolution historique des limites de la circonscription. En outre, on ne peut nier que depuis, les nouvelles technologies ont grandement amélioré les communications et l’accès aux services.
  • Deuxièmement, concernant une représentation effective, nous notons que la députée de la circonscription de Churchill touche le montant maximum du supplément géographique et du supplément au titre de l’annexe 3 pour son bureau de circonscription. Ces fonds spéciaux sont essentiels afin que les députés servant de vastes territoires tels que la circonscription de Churchill disposent des ressources nécessaires pour maintenir un contact régulier avec leurs électeurs et les représenter efficacement. Cet argent aide à couvrir les coûts supplémentaires associés aux déplacements et à l’établissement de plus d’un bureau de circonscription.

    Concernant les préoccupations légitimes de la députée au sujet de la représentation effective, notons que la distance à parcourir pour se rendre à un des bureaux de circonscription actuels de Churchill (à Thompson, à Flin Flon et à The Pas) est moins grande pour les collectivités ajoutées que pour de nombreuses autres collectivités faisant déjà partie de la circonscription (p. ex. la Première Nation Sagkeeng, Manigotagan, la Première Nation de Hollow Water et Bissett). De plus, aucune des collectivités ajoutées n’est accessible que par avion, toutes étant reliées à des routes revêtues.
  • Troisièmement, en ce qui touche le facteur « communauté d’intérêts », la commission constate que la grande majorité des habitants des régions ajoutées à la circonscription de Churchill appartiennent à des communautés autochtones, lesquelles comptent déjà pour une grande partie de la population de la circonscription.
  • La quatrième raison, et non la moindre, est que les deux commissions précédentes tenaient pour principe fondamental le souci d’assurer une répartition égale de la population entre toutes les circonscriptions et s’étaient fixé un seuil de tolérance de ± 5 % par rapport à la moyenne provinciale. Comme il a déjà été mentionné, ce principe suppose une marge de manœuvre de 10 % (de –5 % à +5 %). Imaginons que la commission adopte un autre point de vue concernant le critère de ±5 % et place toute la limite sud de la circonscription de Churchill au 53e parallèle. La circonscription aurait alors une population totale bien inférieure à la moyenne provinciale (–17,5 %). De plus, les autres circonscriptions rurales (Brandon—Souris, Dauphin—Swan River—Marquette, Portage—Lisgar, Provencher et Selkirk—Interlake) surpasseraient toutes la moyenne provinciale de plus de 5 % et auraient les plus fortes populations de toutes les circonscriptions du Manitoba. Cette situation serait totalement inacceptable aux yeux de la commission.

    La seule autre option pour éviter une telle sous-représentation des cinq circonscriptions rurales les plus au sud serait d’annuler une décision importante et lourde de conséquences prise par la commission de 1992. En raison de la croissance continue dans Winnipeg, cette commission a rompu l’égalité entre le nombre de circonscriptions urbaines et rurales (sept de chaque type) qui avait été respectée jusque-là, en faisant passer le nombre de circonscriptions à huit dans la région de Winnipeg et à six dans le reste de la province. Il s’agissait d’un changement historique puisque pour la première fois on comptait plus de circonscriptions de la région de Winnipeg que dans le reste de la province. Cela a entraîné une refonte majeure de la carte électorale. Vu la persistance de la croissance démographique dans la région de Winnipeg, nous ne sommes pas disposés à remettre en question ou reconsidérer cette décision prise en 1992.

Enfin, deux autres points sont à considérer. Premièrement, la population de la circonscription proposée de Selkirk—Interlake demeurera à 6 % au-dessus de la moyenne provinciale, même lorsqu’une partie de la limite de la circonscription de Churchill aura été déplacée vers le sud. Deuxièmement, bien que la superficie de la circonscription de Churchill soit agrandie de 7 %, nous notons que la plupart des habitants de la région annexée appartiennent à des communautés autochtones. Cela a entraîné une augmentation du pourcentage d’Autochtones (membres des Premières Nations et Métis) vivant dans cette circonscription, lesquels constituent maintenant 60 % de la population. La commission croit que cette réalité devrait se refléter dans le nom de la circonscription. Cela nous amène à nos recommandations concernant le changement du nom de certaines circonscriptions.

Changements de nom proposés

La commission est d’avis que cinq circonscriptions devraient changer de nom. Les deux premiers changements ont été présentés dans la proposition initiale. Un changement de nom est toujours un sujet délicat. Nous avons fondé nos choix tant sur les caractéristiques géographiques que sur l’histoire de la circonscription (y compris la reconnaissance de personnalités historiques) et les communautés d’intérêts qu’elles regroupent.

Puisque la circonscription de Churchill regroupe désormais un grand nombre de communautés autochtones, il était clair pour la commission qu’il était temps d’ajouter une composante autochtone au nom de la circonscription pour refléter cette réalité. Nous proposons donc de juxtaposer « Keewatinook Aski » (qui signifie « territoire au nord » ou « territoire septentrional ») au nom de la circonscription pour en faire Churchill—Keewatinook Aski. « Keewatinook » signifie « nord » en cri, en ojibway et en oji-cri. « Aski » signifie « terre » en cri, et ressemble à son équivalent ojibway « Aki ».

Comme un certain nombre de municipalités au sud de sa limite actuelle seront ajoutées à la circonscription de Dauphin—Swan River—Marquette, nous recommandons d’en changer le nom pour Dauphin—Swan River—Neepawa. La commission suggère de remplacer « Marquette » par « Neepawa » pour deux raisons. Premièrement, la collectivité de Marquette ne fait plus partie de la circonscription. Deuxièmement, Neepawa était le nom, ou une partie du nom, d’une ancienne circonscription fédérale de la province (de 1914 à 1966). Vu l’ajout de collectivités avoisinantes au sud, le moment est bien choisi pour remettre ce nom d’actualité. Bien que Parklands—Agassiz ou Prairie—Mountain figuraient parmi les noms suggérés, la commission ne les a pas jugés appropriés. « Parklands » a une signification historique importante dans la région, mais ce n’est pas le cas de « Agassiz », « Prairie » ou « Mountain ».

Certains ont proposé de changer Saint-Boniface en Saint-Boniface—Winnipeg-Sud-Est. Nous n’avons pas retenu cette suggestion. En général, une circonscription ne doit avoir « Winnipeg » dans son nom que si elle se trouvait auparavant à l’intérieur des frontières originales de la ville. D’autres ont suggéré Saint-Boniface—Saint-Vital. On nous a convaincus de proposer ce nom. Il faut se rappeler qu’avant 1971, deux villes indépendantes occupaient le territoire constituant maintenant la partie sud-est de la ville, soit la ville de Saint-Boniface (qui comprenait tout le territoire à l’est de la rivière Seine jusqu’à la frontière sud de la ville à proximité de la route périphérique) et la ville de Saint-Vital (qui comprenait la région au sud de l’avenue Carrière entre la rivière Rouge et la rivière Seine, également jusqu’à la frontière sud de la ville). La circonscription actuelle englobe toute l’ancienne ville de Saint-Boniface (environ 60 % de la population de la circonscription) et une importante partie de l’ancienne ville de Saint-Vital (le 40 % restant).

Nous avons reçu plusieurs demandes concernant l’ajout du nom « Headingley » au nom de la circonscription de Charleswood—St. James—Assiniboia afin de refléter la croissance de la population de la municipalité rurale de Headingley. On nous a convaincus de la nécessité de ce changement. Nous proposons donc le nom de Charleswood—St. James—Assiniboia—Headingley.

Enfin, en raison du déplacement des limites de Selkirk—Interlake vers l’est, de nombreux présentateurs nous ont demandé d’ajouter « Eastman » au nom de la circonscription, ce qui a une signification pour les habitants de la partie est de cette circonscription. Nous avons accepté ce changement. Nous proposons donc le nom suivant : Selkirk—Interlake—Eastman.

Noms de circonscription proposés, population et écart par rapport à la moyenne

Après un examen approfondi, la commission propose d’établir les circonscriptions ayant les noms et les chiffres de population suivants.

Tableau 1 – Population des circonscriptions proposées et écart par rapport à la moyenne provinciale
Circonscription Population en 2011 Écart par rapport à la moyenne
Brandon—Souris 83 814 –2,89 %
Charleswood—St. James—Assiniboia—Headingley 81 864 –5,15 %
Churchill—Keewatinook Aski 85 148 –1,34 %
Dauphin—Swan River—Neepawa 87 374 1,24 %
Elmwood—Transcona 85 906 –0,46 %
Kildonan—St. Paul 81 794 –5,23 %
Portage—Lisgar 91 019 5,46 %
Provencher 88 640 2,71 %
Saint-Boniface—Saint-Vital 84 353 –2,26 %
Selkirk—Interlake—Eastman 91 463 5,98 %
Winnipeg-Centre 82 026 –4,96 %
Winnipeg-Nord 88 616 2,68 %
Winnipeg-Sud 85 540 –0,89 %
Winnipeg-Centre-Sud 90 711 5,11 %




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